Une bouteille verte mise à nu.
Au départ, cette bouteille était d'un vert familier, une bière que vous avez vue mille fois : une étiquette fière, une identité bien établie. Je l'ai décollée. Lentement. Petit à petit, jusqu'à ce que la marque disparaisse et qu'il ne reste plus que la forme et la texture.
Il ne restait plus que la lumière, le verre et la condensation. Le genre de surface qui résiste, qui réfléchit et réfracte, vous obligeant à travailler pour faire ressortir les reflets.
Le contrejour sculptait le verre, la lumière venant du bas effleurait les étiquettes déchirées, la colle restante, les gouttelettes, et cette faible lueur verte devenait le sujet lui-même.
Il y a quelque chose d'honnête dans une bouteille sans nom. Elle ne vend rien. Elle est simplement là. Juste du verre et de la condensation qui font leur travail. La photo fonctionne parce que rien n'est prétendu.


